L’analyse de la pauvreté non monétaire a permis d’évaluer l’ampleur de la pauvreté subjective et de la corruption. Il ressort que l’absence de travail, la mauvaise gestion des biens publics et l’insuffisance ou la baisse des revenus notamment les salaires et les prix des produits agricoles représentent les principales causes de la pauvreté selon les ménages. Ces résultats mettent en évidence que l’accès à l’emploi, la bonne gouvernance et la création des emplois sont des variables explicatives très importantes de l’amélioration de conditions de vies des ménages. 

L’évaluation de la pauvreté subjective a permis de constater que les ménages congolais s’estiment plus pauvres qu’ils ne le sont en réalité. Ce sentiment est le plus fortement exprimé à Pointe Noire et dans les autres communes, qui semblent être d’importants foyers de concentration économique. Dans les autres strates, les ménages ont une bien meilleure appréciation de leur niveau de vie réel. 

Pour améliorer leur condition de vie, les ménages adoptent en général trois principales stratégies à savoir : la multiplication des activités rémunératrices, la recherche d’un travail plus rémunérateur et le changement de leurs habitudes alimentaires. En outre, les ménages ont fortement présent à l’esprit d’être pauvres dans un pays qui dispose pourtant d’importantes ressources pour se développer. Ce constat pourrait s’expliquer par le fait que ces ménages sont bien conscients du fait que le pays dispose d’énormes potentialités économiques et en ressources naturelles dont l’exploitation ne se répercute pas sur leur niveau de vie. Mais les résultats des sections précédentes permettent d’indexer aussi la passivité des ménages congolais par rapport à leur volonté de s’engager activement dans les activités agricoles qui sont insuffisamment, voire quasiment pas valorisées. 

Enfin, il est rigoureusement peu pertinent d’évaluer la corruption sur la base des données de la présente enquête qui en sous estiment en réalité l’ampleur. Pour autant, ces résultats donnent une idée du niveau minimum de l’ampleur de la corruption dans les principaux administratifs du pays. Il apparaît ainsi que les ménages sont le plus exposés au paiement de frais non réglementaires dans le cadre des soins médicaux. Dans toutes les autres administrations, une faible proportion des ménages ont eu à payer des frais non réglementaires. 

En analysant les actions prioritaires que les ménages espèrent voir mettre en œuvre par les autorités politiques, on constate deux enseignements majeurs par rapport à l’orientation de la politique socio-économique : pour les ménages pauvres, les principales priorités des actions du Gouvernement, doivent aller dans le sens du développement des investissements structurants (développer des infrastructures, construire des routes, des points d’eau, etc.). Quant aux ménages non pauvres, la nature de leurs attentes les plus fréquentes traduisent leur volonté de voir les autorités politiques s’engager dans la mise en place d’un cadre plus sain, moins inégalitaire et favorable au développement de la politique économique et sociale du pays. Tous autant qu’ils sont, ces ménages attendent aussi de l’Etat qu’il facilite l’accès aux services médicaux et de santé, garantisse la sécurité des personnes et des biens mais surtout qu’il crée des emplois.

 

 

Enquête Congolaise auprès des Ménages

Pauvreté non monétaire

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