Oui — on peut encore parler d’une « paix juste », mais seulement si plusieurs conditions concrètes sont réunies et vérifiables : le respect du droit international humanitaire, la protection effective des civils et des mécanismes d’accountabilité, selon les analyses récentes sur la montée des conflits et les commentaires d’experts.
Sommaire
Quelles preuves montrent que la question est urgente ?
Le nombre de conflits armés dans le monde a fortement augmenté : « le CICR dénombre aujourd’hui quelque 130 conflits armés dans le monde », rappelle le Comité international de la Croix-Rouge dans une déclaration citée par son site en 2025.
Des instituts de recherche confirment la hausse : le think tank norvégien PRIO a relevé que 2025 et 2026 marquent un pic de violences, « jamais le monde n’avait connu autant de conflits » depuis 1946, selon une synthèse reprise par Radio France.

Que veut dire « paix juste » dans ce contexte ?
Le terme n’est pas purement moral : il combine des exigences juridiques et pratiques. Le CICR insiste sur le respect des Conventions de Genève pour protéger les civils en temps de guerre, en rappelant la primauté du droit humanitaire dans les conflits contemporains.
Le philosophe André Comte-Sponville, cité par Challenges, interroge « les conditions d’une paix juste » et plaide pour que l’Europe conjugue « force et droit », une formulation qui place la légitimité juridique au même niveau que la capacité de contrainte.

Quelles sont les conditions pratiques à réunir ?
1) Respect effectif du droit international humanitaire. Le CICR dit que « le respect des Conventions de Genève est plus essentiel que jamais », condition non négociable pour qu’une cessation des hostilités soit considérée comme juste.
2) Protection des civils et accès humanitaire. Les rapports conjoints d’organisations humanitaires et des médias montrent que l’ampleur des violences civiles rend nécessaire le rétablissement d’un accès sûr pour l’aide.
3) Mécanismes d’accountabilité. Les analyses de PRIO et des médias spécialisés relèvent que l’impunité accroît la répétition des violences ; une paix qui ne prévoit pas de poursuites ou de réparations a peu de chances d’être durable.
La réalité politique : consentement, sécurité et équité
Une paix juste suppose aussi l’accord des populations concernées et des garanties de sécurité. Challenges souligne que la guerre russo‑ukrainienne, « aux portes de l’Europe », redéfinit le rapport entre force et droit pour les États européens, qui doivent concilier défense et respect des normes.
En pratique, cela veut dire que les accords doivent inclure des garanties verifiables : retrait des forces, cessez-le-feu surveillé, mesures de démilitarisation et garanties pour les minorités et les déplacés.
Quels exemples montrent ce qui marche (ou pas) ?
Les précédents récents sont contrastés. Certains accords soutenus par des missions internationales ont réduit les violences temporai‑rement quand des garanties de protection et de monitoring ont été mises en place, selon des analyses reprises par la presse spécialisée.
À l’inverse, des cessations de combat signées sans mécanisme d’accountabilité ont souvent débouché sur de nouvelles flambées, un constat relayé par les synthèses de chercheurs et d’organisations humanitaires.
Que peut faire l’Europe et que peuvent faire les citoyens ?
Pour l’Europe, Challenges donne la feuille de route implicite : combiner moyens de dissuasion et respect du droit, soutenir les mécanismes humanitaires et financer la reconstruction et la justice transitionnelle.
Pour les citoyens, la contribution passe par l’information, le soutien aux organisations humanitaires et la pression sur les élus pour conditionner l’aide et la reconstruction à des garanties de droits et de protection.
Que retenir en une phrase ?
Une paix juste reste possible, mais uniquement si elle associe obligations juridiques — respect des Conventions de Genève — protections concrètes pour les civils et dispositifs d’accountabilité acceptés par les parties, comme le soulignent le CICR, PRIO et les analyses reprises par Challenges.
Pour approfondir le dossier sur l’Ukraine et ses négociations, voir les négociations et la guerre en cours.
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Jean-Paul Leroy est un spécialiste des marchés immobiliers et des stratégies d’investissement. Il apporte une vision experte des tendances du secteur.





