Polygon propose un hard fork coordonné visant à restituer 70,49 millions de POL actuellement bloqués dans cinq adresses liées aux piratages de Polymarket et de Binance, selon un texte publié le 4 novembre et résumé par Journal du Coin et Cryptoast.
Sommaire
Que propose exactement la PIP et qui est concerné ?
La proposition — une Polygon Improvement Proposal (PIP) publiée le 4 novembre — demande qu’au bloc d’activation le solde natif de chaque adresse « de classe A » soit ramené à zéro, puis recrédité sur deux adresses de récupération contrôlées par Polymarket et Binance, explique Journal du Coin.
Le texte identifie cinq adresses : quatre conservant au total environ 23,86 millions de POL attribués à l’incident de Polymarket, et une adresse portant environ 46,63 millions de POL issus du piratage de Binance, d’après Cryptoast.

Pourquoi un hard fork plutôt qu’un gel logiciel ?
Les jetons sont déjà « figés » sur une liste tenue par des producteurs de blocs de Polygon depuis le 30 octobre, mais, comme le note Journal du Coin, cette liste de blocage n’autorise pas le transfert des soldes vers les victimes. La PIP argue que seul un hard fork permettra de réécrire les soldes natifs dans un bloc et d’opérer la restitution.
Cryptoast ajoute que l’opération se limiterait aux soldes en POL des adresses listées, sans toucher à l’offre totale ni aux contrats de staking et aux mécanismes de ponts, et que les plateformes destinataires devront prouver le contrôle des adresses de récupération avant tout versement.
Quel calendrier et quelles garanties ?
La proposition doit être présentée lors de l’appel de gouvernance du protocole le 5 novembre à 14 h 30 UTC, écrit Journal du Coin. En cas d’approbation, les auteurs estiment possible de développer le client, répéter l’opération sur le testnet Amoy, puis activer sur le mainnet en environ deux semaines, une fenêtre qu’ils jugent « réaliste ».
Les risques listés par Cryptoast comprennent la sélection de l’adresse de récupération, le risque de scission de chaîne si certains validateurs n’appliquent pas le fork, et la possibilité que des attaquants tentent encore d’exploiter des contournements (frais de priorité extrêmes ou sollicitations de validateurs).

Quels enjeux pour la confiance et la gouvernance de la blockchain ?
Journal du Coin rappelle les précédents : Polygon a déjà opéré des corrections en 2021, et Ethereum a réalisé un fork en 2016 après le piratage du DAO, ce qui avait donné naissance à Ethereum Classic. Les éditeurs de la PIP insistent sur le caractère exceptionnel de la mesure : elle « ne devrait pas être reproduite couramment », rapporte Journal du Coin.
Cryptoast souligne que la somme visée — environ 6,5 millions de dollars au cours du 29 octobre — est marginale face aux 6,3 milliards de dollars volés lors du piratage de Binance, mais que la méthode soulève des questions d’immuabilité et de précédents pour la gouvernance des blockchains.
Que peuvent faire les victimes et que doivent attendre les détenteurs de POL ?
Si vous suivez l’affaire pour une position ou une exposition en POL, surveillez l’appel de gouvernance du 5 novembre et les messages officiels de Polygon Labs. Journal du Coin et Cryptoast indiquent que si le vote est favorable, un testnet sera conduit avant activation mainnet, laissant un délai pour les opérateurs de nœuds et fournisseurs RPC.
Pour le contexte sur Polymarket et ses activités récentes, voir notre article interne sur Polymarket et Anthropic. Pour le contexte sur la situation de Binance et la reprise des retraits, consultez notre retour sur la réouverture des retraits.
En résumé : la réponse courte à la question du titre est « oui, une proposition de hard fork existe » et elle vise 70,49 millions de POL répartis sur cinq adresses ; la décision dépendra du vote de gouvernance du 5 novembre et d’un déploiement testé avant activation.
Que faire ensuite ?
Suivez les comptes officiels de Polygon et les canaux de gouvernance pour vérifier l’issue du vote. Si vous détenez du POL, notez que la proposition prétend ne modifier que des adresses déjà bloquées et promet de préserver l’offre totale et les mécanismes de staking.
Enfin, gardez à l’esprit que même approuvé, un fork mal coordonné peut créer une chaîne divergente où les soldes originales restent inchangées — un risque que la PIP veut réduire par des répétitions sur testnet et une communication aux validateurs avant activation.
Sources citées : Journal du Coin et Cryptoast pour la PIP, ses montants, le calendrier et les risques associés.
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Jean-Paul Leroy est un spécialiste des marchés immobiliers et des stratégies d’investissement. Il apporte une vision experte des tendances du secteur.





