Actuellement, dans les pays en voie de développement, les analyses de pauvreté portent essentiellement sur la pauvreté monétaire, mesurée souvent par la consommation finale des ménages.
L’enquête révèle que la pauvreté monétaire touche 42,3% de ménages congolais. Son ampleur est très marquée dans les zones rurales, notamment dans le milieu semi urbain (55,1%) et dans le milieu rural pur (49,2%). Le niveau de la pauvreté est relativement faible dans les milieux urbains (Pointe Noire avec 23,5%, Autres communes avec 41,5% et à Brazzaville où il atteint tout de même 45%) par rapport aux zones rurales.
Au niveau des individus, on note que sur une population totale estimée à 3 551 500 habitants en 2005, 1 779 301 personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté soit un ratio de pauvreté de 50,1%, c'est-à-dire que un peu plus de la moitié de la population congolaise vit dans la pauvreté.
L’examen des indices de l’intensité et de la sévérité de la pauvreté indique que le revenu moyen qu’il faudrait donner aux pauvres pour les ramener au niveau du seuil de pauvreté est plus important dans le milieu semi urbain (26%), relativement moindre à Brazzaville et dans le milieu rural (17%), assez faible à Pointe noire (15%).
Globalement, il ressort que les femmes chefs de ménage sont relativement plus pauvres (45,3%) que les hommes (41,5%) et vivent dans une situation un peu plus précaire. Les pauvres sont identifiés principalement dans le groupe des chefs de ménages ne justifiant d’aucun niveau d’instruction ou d’un niveau d’études primaires. On constate par ailleurs que le niveau de vie des ménages s’améliore avec leur niveau d’instruction. Au contraire, le niveau de vie des ménages baisse avec l’augmentation de la taille du ménage. La situation dans l’activité permet de se rendre compte que la pauvreté est plus accentuée dans le groupe des inactifs, beaucoup plus faible dans celui des actifs occupés. Ce résultat témoigne bien l’importance de l’accès à l’emploi comme stratégie de lutte contre la pauvreté. Dans l’emploi, les ménages les plus pauvres sont identifiés dans activités informelles (surtout agricoles, du BTP, des mines et des petites industries de transformation), peu rentables et qui contribuent à expliquer 77% de la pauvreté nationale. Les analyses par rapport aux actifs occupés a mis en évidence une nette hiérarchisation du niveau de vie suivant le secteur institutionnel du chef. En effet, les chefs de ménages travaillant dans le secteur public semblent mieux vivre que ceux impliqués dans les activités du secteur privé formel, ces derniers étant mieux lotis que les actifs du secteur informel. Pour autant, ce secteur accueille le gros de la main d’œuvre occupée de 15 ans et plus (78%) et 83% de l’ensemble des pauvres (6% dans le secteur public contre 11% dans le secteur privé formel). Suivant la catégorie socio-professionnelle, on constate que les travailleurs pour compte propres qui représentent 70% des actifs occupés comportent aussi une très forte proportion de pauvres (75%).
Enfin, du point de vue des strates, on note que la distribution des revenus est légèrement inégalitaire à Pointe Noire (22% des chefs de ménages cumulent 31% du revenu total), un peu plus dans le milieu semi urbain (7% des chefs de ménages détiennent 6% du revenu total) et la plus inégalitaire dans le milieu rural où 36% des chefs de ménages se partagent seulement 28% du revenu national. La distribution des revenus à Brazzaville et dans les autres communes semble la moins inégalitaire. De même, l’inégalité est très marquée dans les classes extrêmes du revenu, beaucoup moins dans les tranches intermédiaires de revenus.
Enquête Congolaise auprès des Ménages
Pauvreté monétaire
Présentation générale