Pauvreté et mortalité des enfants de moins de cinq ans en Afrique Central

Mise à jour le Jeudi, 28 Octobre 2010 12:49 Écrit par MBOKO IBARA Steve B Lundi, 25 Octobre 2010 14:12

Dans cette étude sur la mortalité des enfants de moins de 5ans au Cameroun et au Congo, nous nous intéressons à l’effet de la pauvreté relative (conditions d’existences) des ménages. Les objectifs principaux sont de mesurer l’influence de la pauvreté sur la mortalité des enfants de moins de cinq ans au Cameroun et au Congo ; de rechercher les déterminants sous-jacents de cette mortalité dans ces deux pays. (en pdf) (en word)

Nous utilisons les données des Enquêtes Démographiques et de Santé du Cameroun (2004) et du Congo (2005). L’étude porte sur 7249 enfants de moins de cinq ans pour le Cameroun et sur 4739 enfants de moins de cinq ans pour le Congo.

L’étude devrait permettre de répondre aux questions suivantes :

La pauvreté des ménages détermine-elle la mortalité des enfants dans les milieux étudiés (Cameroun, Congo)? Sa contribution à l’explication de ce phénomène est-elle plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural de chaque pays ? Est-elle plus élevée au Cameroun qu’au Congo ? Quelles sont les variables par lesquelles la pauvreté influence en grande partie le phénomène étudié ? Et quels en sont les principaux déterminants ?

Nous avons recouru à l’analyse en Composante principale pour constituer l’indicateur de pauvreté (Conditions d’existence) et à l’analyse de la régression logistique multivariée pour étudier les risques relatifs de la mortalité infanto-juvénile.

Au terme de l’étude, les résultats ont démontré l’existence de la relation entre pauvreté et survie des enfants de moins de 5 ans au Cameroun et au Congo. Ces résultats soulignent aussi l’importance des comportements sanitaires et procréateurs des mères dans cette relation. Dès l’analyse bivariée, la plus part des variables relatives aux comportements des mères se sont révélés associées à la mortalité infanto-juvénile. L’analyse multivariée a permis par la suite de conclure que, quelque soit le contexte, la pauvreté des ménages était un déterminant de la mortalité des enfants de moins de cinq ans.

Une analyse comparée entre le Cameroun et le Congo a révélé dans un premier temps que la proportion d’enfants décédés était plus élevée dans le premier pays que dans le second, et que le Congo comptait relativement plus de pauvres que le Cameroun. Mais ces constats ne signifiaient pas non plus que la faible proportion des décédés au Congo était due à la forte proportion dans ce pays, des ménages riches. Une analyse approfondie a finalement permis de détacher ces pays. Ceteris paribus, l’écart du risque de mourir entre 0-4 ans était plus faible entre les enfants des riches, des moyens et des pauvres camerounais que ceux du Congo. Ces révélations ont permis de conclure que la pauvreté contribuait plus à la mortalité infanto-juvénile au Congo qu’au Cameroun.

L’analyse par milieu de résidence a permis de voir que, pour chaque pays, la pauvreté semait plus de désastre en milieu urbain qu’en milieu rural. En milieu urbain, le Congo est le plus touché, tandis qu’en milieu rural, le Cameroun l’emporte. Les différences urbain-rural pourraient s’expliquer par le fait qu’en milieu rural, ce ne sont pas toujours des raisons économiques qui déterminent les soins accordés aux enfants, et donc par ricochet, leur chance de survie. Compte tenu de la méthodologie utilisée pour la détermination de l’indicateur de pauvreté, l’écart entre les milieux ruraux signifierait que l’urbanisation progressant beaucoup plus rapidement au Cameroun, a amené les résidants ruraux camerounais à s’approprier la "modernité" des grandes villes (Yaoundé, Douala, Buea).