EN 2002 ET PERSPECTIVES POUR 2003
I - Evolution économique et
financière du Congo en 2002
En 2002, la situation macroéconomique
du Congo a été caractérisée d’une part, par un nouveau ralentissement de la
croissance économique, une accélération de l’inflation, une dégradation des
finances publiques et, d’autre part, par une relative stabilité des comptes
extérieurs et une consolidation de la situation monétaire.
Ces résultats intègrent, au plan
externe, une amélioration des termes de l’échange (+ 2,4
%) en relation avec la hausse des cours du pétrole brut (+ 3,6 %),
particulièrement au second semestre, ainsi que l’appréciation de l’euro face au
dollar américain ; au plan interne, une stabilisation des activités
pétrolières, l’expansion marquée du secteur sylvicole ainsi que des avancées
significatives au plan socio-politique avec la tenue des élections présidentielles,
législatives et sénatoriales. Toutefois, la résurgence des tensions dans la
région du pool, les multiples interruptions du trafic ferroviaire entre
Pointe-Noire et Brazzaville et les difficultés d’approvisionnement en eau,
électricité et produits pétroliers ont pesé sur les performances
macroéconomiques.
Au cours de l’année 2002, le Congo
a connu un ralentissement de la croissance économique avec une hausse du taux
de croissance en termes réels de 2,6 % contre 3,2 % l’année
précédente, en liaison notamment avec la stagnation de la production pétrolière
et une moindre performance du secteur non pétrolier.
La demande intérieure a
grevé la croissance à hauteur de 0,7 point, en raison essentiellement d’un
recul des investissements pétrolier et public. En revanche, la consommation
globale, a participé à la croissance à hauteur de 5,5 points, du fait notamment
d’un accroissement de 15,6 % en termes réels de la consommation publique. De
même, le concours de la consommation privée a été positif de 2,9
points, en liaison avec la consolidation des activités industrielles,
sylvicoles et commerciales, et des revenus tant en zone urbaine qu’en
zone rurale.
La contribution de la demande
extérieure nette à la croissance quant à elle, s’est située à 3,3 points,
sous l’effet d’une hausse des exportations en volume de biens et services
non-facteurs (avec une participation de 8,5 points) essentiellement due à
une progression des ventes de pétrole brut et de bois tropicaux. En revanche,
l’apport des importations de biens et services non-facteurs à la
croissance a été défavorable de 5,2 points du fait de la relance des commandes
à l’extérieur du secteur forestier.
2) Analyse de l’offre
Du côté de l’offre, le
ralentissement économique en 2002 est attribuable à la stagnation de la
production pétrolière et au recul des activités dans le secteur des bâtiments
et travaux publics, dans un contexte néanmoins marqué par le dynamisme des secteurs
sylvicole, manufacturier et du commerce.
Dans le secteur primaire,
les branches de l’agriculture, de l’élevage, de la chasse et de la pêche
ont fourni 0,2 point de croissance, grâce à la reprise des cultures vivrières
et maraîchères dans les régions précédemment touchées par les tensions
socio-politiques. La contribution de la sylviculture à la croissance
s’est élevée à 0,1 point en liaison avec une hausse de 31,9 % de la production
de grumes, qui s’est située à 1 155 900 m3 en 2002 contre 876
600 m3 en 2001, imputable à une forte progression de l’exploitation
dans les régions du Niari et de la Lekoumou
Au niveau du secteur secondaire,
les industries manufacturières ont apporté un concours positif de 0,9
point à la croissance grâce à la vigueur de la consommation, à la
réhabilitation et à l’extension des capacités de production des entreprises et
à l’implantation de nouvelles unités industrielles, notamment dans le secteur
de la transformation du bois. La branche électricité, gaz, eau a
enregistré un apport positif à la croissance (0,2 point) en raison du
renforcement progressif de la capacité de production de la SNE et de la SNDE.
Les industries extractives ont légèrement obéré la croissance avec une
participation de - 0,1 point, à cause de la stagnation de la production
de pétrole brut. Enfin, La contribution des bâtiments et travaux publics
à la croissance a été négative (- 0,2 point) du fait d’une contraction des
ressources budgétaires consacrées aux grands travaux de réhabilitation des
infrastructures de base.
Dans le secteur tertiaire,
la branche commerce, restaurants et hôtels a participé à la croissance à
hauteur de 0,6 point grâce à la forte progression des placements de bois
tropicaux et au dynamisme de la consommation.
3) - Evolution de l’inflation
La tendance haussière des prix
constatée à partir du second semestre 2001 s’est confirmée au cours de l’année
2002. En effet, le taux d’inflation s’est situé en moyenne annuelle à
3,8 % à fin décembre 2002 contre 0,4 % en 2001, en rapport avec la hausse des
prix des produits alimentaires et à l’appréciation des coûts de transport liée
aux perturbations récurrentes du trafic ferroviaire ainsi qu’à la hausse des
prix des produits pétroliers à partir du mois d’août 2002. Hors
« alimentation et transport » le taux d’inflation a progressé de 2,7
% à fin décembre 2002.
B - SITUATION DES FINANCES
PUBLIQUES
La gestion des Finances Publiques
s’est soldée par un déficit budgétaire base engagements hors dons de
178,9 milliards, soit 8,5 % du PIB, contre un excédent de 8,9 milliards,
équivalent à 0,4 % du PIB. Cette évolution procède d’une baisse de 13,1 % des
recettes budgétaires et d’une progression sensible (15,5 %) des dépenses
budgétaires.
Ainsi, les recettes pétrolières
se sont établies à 406,9 milliards, en recul de 12,5 % par rapport à l’année
précédente, en liaison avec un léger repli de la production pétrolière (- 0,8
%) conjuguée avec une baisse de 4,4 % du cours du dollar et malgré une
meilleure tenue du prix du baril de pétrole brut (+ 3,6 %). Pour leur part, les
recettes non pétrolières se sont fixées à 168,6 milliards, en baisse de
14,5 % par rapport à 2001, des résultats décevants observés au niveau des
recettes douanières (- 14,6 %) et des recettes sur impôts et taxes (- 13 %), imputable
notamment aux nombreux arrêts du trafic ferroviaire au cours de l’année,
lesquels ont pesé lourdement sur l’activité économique.
La hausse des dépenses
budgétaires est à relier à une progression sensible (27,8 %)
des dépenses courantes qui se sont établies à 572,2 milliards, en 2002,
liée à une envolée des dépenses de biens et services (+ 49,9 %), dans un
contexte caractérisé par la tenue des élections présidentielles, législatives
et sénatoriales, ainsi que par l’intensification des dépenses de sécurité dans
le cadre des efforts de pacification du pays. Pour leur part, les dépenses de
transferts et subventions ont progressé de 30,3 %, en rapport avec l’évolution
des financements en faveur du Conseil National de Transition (CNT), de
l’Université, du CHU, des bourses, des communes, des hôpitaux de l’intérieur du
pays et de la Société Eucalyptus du Congo (ECO S.A). Enfin, les dépenses
d’intérêts ont progressé de 29,2 % en liaison avec la prise en
compte des intérêts versés au titre de l’emprunt gagé de 300 millions de
dollars (216,7 milliards de F CFA) contracté au cours de l’année 2002 et de
l’accroissement des engagements de l’Etat sur le système bancaire. Les dépenses
d’investissements publics, essentiellement financées sur ressources propres, sont
revenus de205,4 milliards en 2001 à 180,6 milliards un an plus tard du
fait de la prise en compte par les Autorités des recommandations du FMI
conseillant d’adapter le rythme d’engagement des dépenses en capital aux
capacités financières ordinaires de l’Etat.
Dans le domaine des échanges
extérieurs, le solde extérieur courant est demeuré légèrement
excédentaire de 8 milliards (0,4 % du PIB) contre 0,2 milliard en 2001, en
relation avec une amélioration des termes de l’échange (+ 2,4 % contre - 10,8 %
en 2001), induite principalement par la bonne tenue du cours moyen du brut
congolais (+ 3,6 % contre une baisse antérieurement escomptée de 5,4 %) et du
sucre (+ 3,2 % contre + 1,9 % auparavant). De ce fait, les prix à l’exportation
se sont repliés moins fortement que prévu (- 0,8 % contre - 4,9 %
antérieurement projeté). De surcroît, le repli du cours du dollar (- 4,4
% contre une hausse anticipée de 1 %) a favorisé un recul des prix à
l’importation de 3,1 % au lieu d’une hausse attendue de 3 % selon les
prévisions.
En définitive, les exportations
en valeur se sont établies en hausse de 12,4 % à 1 620,1 milliards en 2002
contre 1 441,8 milliards en 2001, en raison de l’augmentation des ventes
de pétrole brut (+ 10,4 %) et une progression sensible (39,9 %) des
ventes de bois tropicaux. %). Cependant, les ventes de rondins
d’eucalyptus ont enregistré une chute de 89,8 % à la suite de l’arrêt de la
production par la société ECO SA. Les importations quant à elles, sont ressorties
en augmentation de 1,8 % pour se fixer à 492,2 milliards en relation avec
l’évolution des activités du secteur non pétrolier (notamment dans les secteurs
forestier et commercial).
II -
Perspectives économique et financière du Congo pour l’année 2003
Les perspectives économiques du
Congo en 2003 s’inscrivent dans un contexte socio-politique plus favorable avec
la fin de la période de transition qui a permis la mise en place des nouvelles
institutions politiques. Elles seraient marquées par la poursuite du
ralentissement économique en liaison avec le recul de la production pétrolière,
une nette dégradation des comptes extérieurs, la persistance du déséquilibre
des finances publiques et une consolidation de la situation monétaire.
Plus particulièrement :
-
le taux de
croissance réelle se situerait à 1,7 % en 2003 contre 2,6 % un an plus
tôt, imputable essentiellement à une dégradation de la demande extérieure nette
dont la contribution serait défavorable de 3,8 points. Toutefois, l’activité
resterait soutenue par le dynamisme de la demande intérieure dont la
participation se situerait à 5,5 points de croissance en raison principalement
de la vigueur de la consommation et des investissements privés ;
- le taux d’inflation reviendrait
de 4,2 % en moyenne annuelle à fin décembre 2002 à 2 % un an plus
tard, grâce au rétablissement progressif du fonctionnement du CFCO et à
l’amélioration du circuit de distribution des produits de première
nécessité ;
- le déficit global, base
engagements hors dons, reculerait à 34,9 milliards (1,7 % du PIB)
en 2003 contre 178,9 milliards (8,5 % du PIB) en 2002, en liaison avec les
réformes engagées par l’Etat congolais dans l’objectif fondamental de parvenir
à un accord avec les Institutions de Bretton Woods au titre de la Facilité pour
la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) à fin juin 2003 ;
- le solde extérieur courant
deviendrait déficitaire de 266,8 milliards, soit 13,3 % du PIB après un
excédent de 8 milliards (0,4 % du PIB) un an plus tôt. Cette évolution
procèderait essentiellement d’une chute des exportations de pétrole brut (-
20,3 %), imputable notamment au fléchissement du volume de pétrole brut
commercialisé (- 12 %) et d’une augmentation des importations du secteur non
pétrolier (+ 6 %).