Au Congo, l’instruction semble quasi universelle d’autant que près de 97% de la population sait lire et écrire. Il est surtout réconfortant de remarquer que la discrimination suivant le sexe ne permet pas de constater de grands écarts entre les principaux indicateurs d’éducation. De même, la distinction entre pauvres et non pauvres est assez atténuée. Une analyse de la qualité de l’enseignement par rapport à la norme âge/niveau montre toutefois que de gros efforts sont à mettre en œuvre pour améliorer le rendement interne du système éducatif congolais au niveau de l’enseignement primaire. Le taux brut de scolarisation au primaire estimé à 128,3% s’explique par un taux d’éloignement par rapport à la norme âge/niveau d’études relativement élevé (77% dont 38% sont imputables à des scolarisations précoces et 39% à des retards de scolarisation). On constate ainsi que seulement 23% des enfants devant être inscrits à un niveau d’étude primaire évoluent normalement par rapport à la norme âge/niveau. Suivant les strates, ce dernier indicateur est estimé à 32% à Brazzaville, à 28% à Pointe Noire, à 22% dans les autres communes, 18% dans le milieu semi urbain et à 16% en milieu rural. On comprend donc que le niveau assez acceptable du taux net de scolarisation (86,8% au niveau national, 84,6% chez les pauvres et 89,3% chez les non pauvres) ne donne pas plus d’information sur la qualité du système par rapport à la norme âge/niveau. En soit, ces résultats ne sont pas dramatiques puisqu’ils trouvent en partie leur explication dans les conséquences de l’instabilité socio-politique qu’a connu le pays ces dernières années, marquée actuellement par des effets de rattrapage. 

Au niveau de l’enseignement secondaire, le taux brut de scolarisation est estimé à 65,3% au niveau national (53,4% chez les pauvres contre 79,7% chez les non pauvres). Quant au taux net de scolarisation, il est estimé à 44,4% (35,9% chez les pauvres contre 54,6% chez les non pauvres). Autrement dit, à partir du niveau d’enseignement secondaire, les disparités se font plus flagrantes entre les ménages pauvres et les ménages non pauvres.

La déperdition scolaire est relativement faible aussi bien dans le primaire que dans le secondaire, bien qu’elle soit environ trois fois plus élevée dans le second cycle d’enseignement (7,5%).

On constate que les taux de déperdition au cycle secondaire observés à Pointe Noire et en milieux semi urbain et rural sont beaucoup plus élevés que la moyenne (plus de 8%). Cela peut s’expliquer par l’entrée précoce dans la vie active dans ces trois milieux. Le fossé de scolarisation se creuse entre pauvres et non pauvres à partir du secondaire où on enregistre une importante déperdition dans la première catégorie de population.

La principale raison de non scolarisation des enfants, aussi bien au cycle primaire qu’au secondaire et ce, quel que soit le statut de pauvreté des ménages, est le coût élevé d’accès à l’école.

Si l’on considère qu’une école située à moins de 30 minutes de marche est accessible, on peut relever que, d’une manière générale, les écoles sont largement accessibles aux ménages. Cependant, ce niveau d’accès est plus élevé pour le primaire que pour le secondaire, quel que soit le statut de pauvreté. 

Les non pauvres bénéficient d’un accès plus élevé aussi bien dans le primaire que dans le secondaire dans toutes les zones de résidence du pays. Par rapport au milieu de résidence, le taux d’accès des écoles est plus élevé au milieu urbain qu’au milieu rural quel que soit le niveau d’étude ou le statut de pauvreté des ménages. 

En ce qui concerne la satisfaction des élèves/parents, par rapport aux services de l’éducation, son niveau parait relativement faible. En effet, de manière générale, le taux de satisfaction est de 27,3% dans le primaire et 28,3% dans le secondaire. 

Si l’on tient compte du statut de pauvreté, il apparaît sans équivoque que, quelle que soit la strate ou le cycle d’études, les non pauvres expriment un taux de satisfaction plus élevé que les pauvres.

Par rapport à l’alphabétisation, on note dans l’ensemble, que le taux d’alphabétisation des adultes est de 80,4%. Il s’agit là d’une haute performance, pour un pays situé en Afrique Subsaharienne où ce taux se situe généralement en deçà de 50%.  

Il existe cependant un écart de niveau d’alphabétisation entre hommes et femmes tant chez les pauvres que chez les non pauvres. Dans la première catégorie de ménages, les taux sont respectivement de 86,3% et 68,2%, tandis que chez les non pauvres, ces taux sont estimés à 91,7% chez les hommes contre 76,6% chez les femmes.

 

 

Enquête Congolaise auprès des Ménages

Pauvreté monétaire

Pauvreté et éducation

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